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L'alimentation du coureur de
fond
En période de compétition, les besoins nutritionnels du coureur sont
sensiblement différents de la période d'entraînement : l'organisme doit
pouvoir répondre à des besoins accrus en énergie mais il doit aussi
supporter le mieux et le plus longtemps possible les modifications
physiologiques et biologiques dues à l'intensité de l'effort. Nous allons
voir ici comment modifier votre ration afin de vous permettre de profiter au
mieux de vos capacités car l'alimentation en période de compétition a des
objectifs bien précis.
Assurer les stocks de glycogène
Ce sont nos réserves de super. Elles permettent à notre moteur de
fonctionner à plein. Mais ces stocks sont limités et, une fois épuisés,
notre organisme fonctionnera uniquement avec nos graisses de réserve (et
certains acides aminés si l'effort est vraiment long, ou s'il y a des
périodes de travail très intense). Cette filière énergétique ne permet pas
de soutenir une intensité aussi forte. On devient alors "diesel". Il est
donc important de partir avec le "plein" de glycogène.
Ce sont les glucides
apportés par la ration alimentaire qui vont être transformés puis stockés
dans les muscles (glycogène musculaire) et dans le foie (glycogène
hépatique). Il en faut suffisamment pour amener ces stocks à leur maximum :
Certains coureurs pratiquent ce que l'on appelle Le régime dissocié
scandinave qui permet d’optimiser ces réserves. Il consiste en une phase de
trois jours de jeûne glucidique (0% de G) avec un entraînement dur, pour
épuiser les stocks, puis une phase de trois jours d'alimentation hyperglucidique, pendant laquelle l'organisme, en manque, va sur compenser.
Cette pratique si elle est efficace, entraîne souvent de nombreux problèmes
digestifs et psychologiques. De plus de nombreux travaux ont maintenant
montrés qu'une simple période de trois jours hyperglucidiques précédés d'un
entraînement épuisant les réserves (séance au seuil anaérobie) et d'un repas
léger, hypoglucidique, permet d'arriver au même résultat, sans les
inconvénients. Ce régime peut être intéressant à suivre pour préparer une
épreuve particulièrement exigeante (montagne). Mais la plupart du temps une
augmentation des apports en glucides à 70 % des apports énergétiques totaux
les 3 jours précédents la course suffira pour assurer de bons stocks.
Hydrater l'organisme
Sachez que la déshydratation est à l'origine de 80% des défaillances. Sans
eau, notre moteur ne peut refroidir, la température interne monte et
l'organisme ne peut plus fonctionner correctement : pour une perte de 2%
d'eau corporelle (soit 850 ml pour une personne de 70 kg) notre rendement
baisse déjà de 20%, en particulier les facultés d'endurance. Sur des
épreuves longues et éprouvantes comme les marathons ou les trails, en
particulier en saison chaude, Il est donc impératif de boire régulièrement
pendant l'épreuve pour compenser les pertes, mais c'est avant l'épreuve
qu'il faut constituer un capital hydrique optimum pour ralentir la survenue
de la déshydratation.
Favoriser l'équilibre acido-basique
Lors d'un effort intense on fabrique de l'acide lactique. Au-dessus d'un
certain taux, qui est très différent d'un individu à l'autre, on est en
acidose, et les réactions chimiques nécessaires à la contraction musculaires
ne peuvent plus se faire : c'est la panne, les jambes "vides". Si notre
organisme est déjà acide au départ, on sera plus rapidement en acidose, donc
on pourra fournir un effort intense moins longtemps. Or l'alimentation joue
un rôle important dans l'équilibre acido-basique de notre organisme : d'une
façon générale, les produits animaux sont très acidifiants (viande, poisson
œuf) ainsi que le beurre et le fromage. Les autres produits laitiers sont
par contre eux très alcalinisations, de même que les produits végétaux, en
particulier les agrumes, les carottes, tomates, légumes secs. Quelques
exceptions cependant : les épinards, les céréales complètes, le thé sont
acidifiants, à cause des résidus acides qu'ils libèrent.
Attention : ce
n'est pas le goût de l'aliment qui détermine son rôle acidificateur ou non,
mais ses résidus après digestion. Par exemple le citron est l'un des
meilleurs alcalinisant alors qu'il est particulièrement acide au goût. Cette
notion, qui découle de nouvelles données physiologiques, est certainement
celle qui remet le plus en cause certaines pratiques alimentaires : en effet
il parait alors clair que les ravitaillements au pâté de viande, sandwich au
fromage et autres boissons à base d'œuf n'ont plus leur place dans une
ration de qualité. Par contre, en choisissant judicieusement votre
alimentation parmi les aliments alcalinisants, vous vous assurez une
meilleure course et une récupération écourtée.
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Programme alimentaire avant
la course du dimanche
Mercredi
soir : Repas léger.
Soupe, laitage allégé, fruit ou œuf plus ratatouille, laitage, fruit
(vous aurez pu faire une sortie longue et assez rapide dans la journée
pour réduire le plus possible les stocks de glycogène pour faciliter
la surcompensation).
Jeudi, vendredi
et samedi : phase hyperglucidique avec crudités,
féculents, céréales raffinées, légumes secs (selon tolérance), légumes
cuits, laitages allégés, fruit.
Une petite portion de viande blanche, poisson ou œuf par jour.
Pour les personnes anxieuses, il pourra être nécessaire de limiter les
apports en fibres (au moins fruits et légumes crus) les deux derniers
jours, afin d’éviter d’éventuels problèmes digestifs.
Pour une recharge sans faille, très utile et apprécié de certain pro,
buvez durant la journée un litre de carbo lode, élaboré avec la
participation du célèbre Tim Noakes, par petite quantité qui apporte un
équivalent glucidique égal à un kilogramme de pâtes totalement stocké en
glycogène.
Dimanche matin : (au moins trois heures avant le départ) céréales types
corn-flakes ou flocon d'avoine plus laitage écrémé, ou biscottes plus
miel (ou confiture), ou gâteau de riz, ou pomme de terre (ou pâtes) au
ketchup pour les becs salés. Ou encore le fameux Flapjack-cake tout prêt
à base de flocons d’avoine que l’on trouve chez certain spécialistes. |
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Texte
de Catherine Schmitt,
nutritionniste diplômée d'Etat et spécialiste du Centre de Nutrition
Sportive basé à Chambéry :
T en Forme.
En pratique…
La ration pré-compétition s’organise en trois phases au cours des trois
jours précédents. En partant du principe que vous avez des habitudes
alimentaires correctes en temps normal, ce sont donc les trois derniers
jours avant l'épreuve qui sont importants. Il faut augmenter les réserves
énergétiques tout en basifiant le plus possible l'organisme. Il faut donc
diminuer les apports en viande, poisson œuf et fromage (très acidifiant),
favoriser les laitages, les fruits les légumes, les céréales raffinées (riz
blanc, pâtes, etc.), les pommes de terre (riche en potassium). L'apport en
eau doit être important (2 litres/jours) pour assurer une bonne hydratation
de base et permettre aussi le stockage du glycogène : il faut 2,7g d'eau
pour stocker 1g de glycogène.
Il faut aussi cicatriser les fibres musculaires abîmées par le surcroît
d'entraînement des jours précédents. Les apports de protéines animales étant
réduits, il peut être intéressant de prendre un complément d'acides aminés
(type BCAA 2800 Authentic Nutrition) qui a l'avantage en plus d'être issu de
pure lactalbumine naturellement riche en BCAA d'un coefficient 120 d'indice
chimique.
Enfin, contrairement à une idée bien ancrée dans le milieu sportif, ce n'est
pas le repas de la veille qui est le plus important, mais celui de l'avant
veille de la course voir même à J-3. En effet, les stocks de glycogène sont
déjà fait à ce moment, et le surplus de glucides sera transformé en lipides
de stockage : le risque est alors de voir votre "pasta-partie" se
transformer en réserves de graisse ! Donc s'il doit bien sur être à
dominante glucidique, il doit être raisonnable et les personnes anxieuses,
qui veulent éviter les problèmes digestifs, pourront même se contenter d'un
repas léger.
Le dernier repas est souvent le petit déjeuner...
Il doit être glucidique pour
compléter encore les stocks de glycogène hépatique utilisé durant le jeûne
nocturne (jusqu'à 50%), hydratant, et surtout de digestion facile. Il faut
donc éviter les fruits oléagineux des muesli, les tartines largement
beurrées et les œufs sur le plat. Il devra impérativement être pris 3 à 5
heures avant le début de l'épreuve. Trouvez ce qui vous convient le mieux et
tenez vous-y afin de ne pas rajouter au stress en vous demandant ce que vous
allez bien pouvoir avaler.
Pour simplifier votre choix, il judicieux de consommer un Flapjack-cake
Buttercup accompagné d'une boisson (thé ou café). Ce cake moelleux ne
demande aucune préparation et il assure un apport optimum et garantit une
digestion irréprochable. Plus "artisanal", mais vérifié scientifiquement :
la pomme de terre. Choisie bien ferme (binge) et bouillie (pas trop cuite)
elle a le même index glycémique que les spaghettis. Elle ne perturbe donc
pas trop la glycémie et semble libérer son énergie de façon très
intéressante durant le début de l'effort.
Entre le dernier repas et le départ
Seule, l'eau est nécessaire : 125 à 200
ml (un verre) toutes les 10 à 15 minutes. Les personnes qui ont tendance à
être anxieuses peuvent prendre une boisson au fructose (une cuillère à soupe
par demi-litre) à boire par petites quantités et régulièrement pour
réapprovisionner les réserves hépatiques dilapidées par le stress. Le
fructose ayant un index glycémique très bas, il n'y a pas de risque
d'hypoglycémie de réaction. Attention par contre aux prises intempestives de
tablettes de glucose ou sel qui auront un effet totalement inverse à celui
souhaité, avec une superbe défaillance à la clé !
Finalement…
En suivant ces quelques règles vous mettez toutes les chances de votre côté
pour profiter de votre entraînement antérieur. Si la période de préparation
permet quelques dérapages en matière de diététique, la période de
compétition demande par contre une discipline stricte… Il serait dommage de
ruiner tous vos efforts pour une malheureuse bouffe, que vous aurez de
toutes façons l'occasion de faire plus tard… pour célébrer votre victoire !
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